On dirait qu’on jouerait aux frontières
Frontière : Limite d’un territoire qui en détermine l’étendue.
L’atelier, contrairement à l’idée qu’on peut s’en faire, est un lieu perméable aux informations, flashs et analyses, sujets sociaux, économiques et écologiques, politiques et religieux. Mais il est trop petit pour absorber tous ces flux.
On dirait qu’on jouerait aux frontières est né d’une incompréhension du fonctionnement de notre monde. Cet ensemble de dessins/collages est une tentative de restitution des inquiétudes de l’époque, comme savent le faire les enfants, qui avec trois bouts ficelles, une peluche et un morceau de bois, recréent des théâtres de guerre et s’amusent des heures durant à tuer l’ennemi.
J’ai joué aux frontières, imaginant des terres végétalisées jusqu’à saturation, des lignes de partage ou des mers doublement infranchissables quand leurs bords sont solidifiés par de la feuille d’or. Les chromos d’oiseaux tiennent le rôle des hommes, et leurs emplacements sont soit stratégiques, soit aléatoires. Ils sont gauches et inadaptés. Le support est un papier japonais que j’ai choisi pour être légèrement flottant, comme la mer ou la canopée.
La gravité du sujet est ici métaphorique, maniant ses symboles comme autant d’échos de notre condition humaine.
Série de 14 dessins, 50 x 70 cm
Encre de chine, collages de chromos, feuille d’or sur papier japonais flottant
2020







