Les apparences

Le point de départ de ma palette ne se trouve pas dans la nature, mais dans les pages des magazines de décoration. J’y puise des harmonies chromatiques saturées, presque chirurgicales, empruntées à ces intérieurs « parfaits » où tout est mis en scène. Ces couleurs vibrantes, déconnectées de la réalité organique des brindilles ou de la boue, agissent comme un vernis séduisant, une promesse de bonheur normé.

Si la couleur attire l’œil, la ligne, elle, raconte une autre histoire : nid troué, morcelé, coupé, éventré.

Derrière l’image lissée de ces lieux de vie idéalisés, que reste-t-il de la fonction protectrice du foyer : abri impuissant face à la violence du monde.

© Fabienne Houzé-Ricard – Tous droits réservés